Archives pour août, 2008

A quoi servent les agences de notation ?

La crise des « subprime » et les difficultés qu'ont connues depuis de nombreuses institutions bancaires de part le monde ont mis en avant la spécificité du rôle des agences de notation. A la fois « pyromanes » et « pompiers » - un reproche qui avait été fait au Fonds Monétaire International en son temps -, les agences de notation sont des intervenants financiers d'un genre particulier dont l'influence sur les marchés et les sociétés est primordiale. La création des agences de notation remonte aux années 1970 aux Etats-Unis, sous l'impulsion de la SEC (Security and Exchange Commission). Portées par les fonds baptismaux, ces agences sont pensées comme un outil de la désintermédiation financière. Et elles en deviennent un rouage majeur. Elles font leur apparition en France dans les années 1980, sous le gouvernement Bérégovoy, alors que la France commence à émettre des emprunts et à placer sa dette à l'étranger. Aujourd'hui, les agences les plus connues sont les américaines Standard&Poor's (S&P) et Moody's. Il ne faut pas oublier non plus Ficht Ratings. Ces agences se présentent comme des sociétés privées chargées d'évaluer le risque de solvabilité des emprunteurs, qu'ils soient privés (entreprises) ou publics (Etats, régions, communes...). Leur principal caractéristique et atout : leur indépendance, bien que cette notion porte toujours à polémique. En effet, et ces critiques n'ont pas manqué d'émerger lors de l'éclatement de la « bulle Internet », de l'affaire Enron ou de la crise des « subprime », la question des conflits d'intérêt, de l'autonomie de l'évaluateur par rapport à l'évalué - qui est aussi celui qui paye pour -, de la transparence des processus de notation est très épineuse. Les agences utilisent un système de notation - « rating » - propre à chaque agence. « Une notation représente l'opinion d'une agence, à une date donnée, sur la capacité d'un émetteur ou d'une émission de titres à faire face en temps et en heure aux engagements financiers à terme », résume l'Autorité des Marchés Financiers française (AMF) dans son Rapport 2007 sur les agences de notation. La notation est « fondée sur une analyse résultant d'information publique et non publique, est décidée par un comité de notation, fait l'objet d'un suivi par l'analyste qui a instruit le dossier. » Le processus de notation repose sur, précise l'AMF, « l'analyse de trois champs : les éléments opérationnels, les ratios financiers et comptables, la structure et la stratégie de l'entreprise ; des éléments à la fois qualitatifs et quantitatifs qui peuvent être sujets à des phénomènes cycliques ; des méthodologies spécifiques et/ ou des ajustements qui sont propres à chaque agence ». Ces notes font l'objet d'une évaluation régulière et peuvent être revues à la hausse ou à la baisse. Bien évidemment, une entreprise auditée a tout intérêt à avoir la meilleure note possible : considérée comme sérieuse, elle pourra par exemple obtenir des emprunts à des taux intéressants. Pour l'actionnaire, cette note permet d'évaluer la santé financière de l'entreprise. Cela explique que tout mouvement de la notation puisse avoir des conséquences sur les cours des actions ou des obligations de la société. Si la note baisse, c'est parce qu'un problème, un défaut présent ou à venir a été détecté, parce que la confiance dans la société a été mise à mal? Dans la crise des « subprime », les agences de notation ont montré de gros points faibles. Elles ont noté les « paquets » de crédits titrisés, les obligations et les titres émis en contrepartie, les banques, les réhausseurs de crédit, de manière beaucoup trop généreuse faisant croire à la solidité financière de produits qui, par essence, n'en avaient pas. Sous prétexte de ces « bonnes notes », une bulle spéculative s'est créée puis a enflé alors que les acteurs n'étaient pas en mesure d'appréhender correctement le risque. Ensuite, lorsque le marché de l'immobilier américain s'est retourné, les agences de notation ont trop tardé avant de dégrader les titres de créances hypothécaires et, du jour au lendemain presque, les notes se sont effondrées, ce qui a aggravé la crise. Après le déclenchement de la crise américaine des crédits, certains pouvoirs publics et autorités financières (G7, SEC, Commission européenne, AMF) n'ont pas manqué de dénoncer les lacunes des agences de notation quant à la gestion de leur indépendance, des conflits d'intérêts et de leurs compétences et de réclamer une nouvelle réglementation. Le CESR (Committee of European Securities Regulators) a publié en mai dernier un deuxième rapport sur les agences de notation. Ce rapport, qui se concentre sur le rôle des agences dans la notation des produits financiers structurés, souligne le besoin d'une meilleure communication des agences sur les caractéristiques et les limites des notations dans le domaine des financements structurés. Le CESR propose de créer un organisme international dont la mission serait de développer des normes internationales en conformité avec les mesures prises par l'OICV (Organisation Internationale des Commissions de Valeurs) et de suivre la mise en oeuvre du code de conduite par les agences. Francebourse.com

Le PEG ou « Price Earning Growth »

Après la CAF, le BPA, le RSI, nous continuons notre découverte des sigles financiers avec l'étude d'un autre ratio, couramment utilisé dans les études de valorisation des sociétés, le PEG ou « Price Earning Growth ». Le PEG s'obtient à partir d'un ratio encore plus commun, le PER ou « Price Earning Ratio ». Pour mémoire, le PER se calcule en divisant le cours de Bourse par le bénéfice net de l'action. Le PER est un bon indicateur du rapport entre la valeur boursière d'une entreprise et ses profits. Plus le PER est élevé, plus une valeur est considérée comme chère. Attention toutefois à toujours comparer le PER d'une société au reste de son secteur. Le PEG lui se calcule en divisant le PER par le taux de croissance moyen du résultat net sur plusieurs années. Si un PEG est supérieur à 1, on considère que la valeur est chère. Un taux inférieur à 1 signifie un potentiel de hausse probable du cours car le taux de croissance attendu des bénéfices est supérieur au PER. Cette opération rend tout de suite ce ratio un peu moins évident à trouver et un peu moins usité. Le principal intérêt du PEG est de permettre de relativiser un PER élevé en tenant compte de la forte croissance des profits attendue. A la différence du PER, le PEG propose surtout une analyse dynamique de l'entreprise sur plusieurs exercices. Le PEG d'une société se comprend toujours au regard des PEG des entreprises situées dans le même secteur d'activité que celle étudiée. Francebourse.com