Élus insulaires et société civile ont condamné la suppression des arrêtés Miot prononcée samedi par le Conseil constitutionnel qui met fin à l'exonération sur la transmission des biens immobiliers dans l'île, certains parlant d'un "scénario catastrophe" et d'autres d'un processus de "dépossession" qui amplifiera "la spéculation immobilière".De nombreux Corses vont être obligés de revendre leurs biens pour s'acquitter de droits successoraux faramineux. D'ores et déjà, on peut craindre que les appétits spéculatifs se déchaînent, accélérant de fait la folle spirale de la dépossession", a déclaré le maire d'Ajaccio Simon Renucci (DVG)."La Corse connaît une hausse des prix du foncier et de l'immobilier sans précédent. Et aujourd'hui, qui a les moyens de payer ? Des personnes venant de l'extérieur", a indiqué à l'AFP Me Alain Spadoni, président du conseil régional des notaires de Corse, en précisant que "d'ici 30-50 ans la terre n'appartiendra plus aux Corses".En octobre dernier, l'Assemblée nationale avait prolongé de cinq ans ce système mis en place en 1801 par le conseiller André-François Miot pour compenser les handicaps de l'insularité."La prorogation de cinq ans devait justement permettre au GIRTEC (Groupement d'intérêt public pour la reconstitution des titres de propriété de Corse, NDLR) de poursuivre son travail de reconstitution après avoir déjà traité 6.000 dossiers depuis 2009, avec maintenant une moyenne de 500 par an", explique Me Spadoni.Pour l'heure, la Corse va devoir rentrer dès 2013 pour 5 ans dans une tranche d'exonération partielle à 50% des taux pleins qui oscillent normalement entre 20% et 55% de la valeur des biens selon les cas, précise un autre notaire insulaire.Si la succession n'a pas été réalisée sur plusieurs générations - comme c'est souvent le cas -, les personnes devraient alors payer une taxation dépassant alors la valeur des biens transmis, explique-t-il.Pour illustrer la "complexité" de la situation, Me Spadoni affirme qu'il subsiste moins de 1.000 biens non délimités par département au niveau national, alors qu'il y en a plus de 27.000 en Corse-du-Sud et 47.000 en Haute-Corse, dans une île où "l'indivision est 40 fois plus importante que la moyenne des régions françaises".